
provient du verbe « to rap » en anglais, qui signifie bavarder, raconter n’importe quoi, « jaqueter ». Il pourrait provenir également d’une origine argotique et serait alors l’abréviation de « rapide » ou de « repartee ». Il est défini comme la « diction mi-parlée, mi-chantée, de textes élaborés, rimés et rythmés, et qui s’étend sur une base musicale produite par des mixages d’extraits de disques et autres sources sonores ».
Le rap, « nouvelle forme urbaine et moderne de poésie orale », inclut une capacité d’improviser au sein d’un public en employant le langage de tous les jours et les codes linguistiques de la rue. Le rap utilise des procédés poétisés comme la rime ou le rythme, en adoptant une certaine forme de diction et de scansion des textes. C’est pourquoi le rap est plutôt une performance de la diction que du chant.
Ecrire un texte n’est pas facile, il faut parfois plusieurs années pour l’écrire. Réaliser de belles phrases n’est pas un but en soi, le rappeur cherche surtout à atteindre son public, pour que celui-ci le comprenne. Le rappeur doit jongler avec le vocabulaire de la rue et respecter les normes linguistiques ; de cette manière il effectue un compromis entre authenticité et intelligibilité afin d’être compris.
H. Bazin explique que les gros mots, l’argot, le verlan ainsi que le choix et l’articulation des mots obéissent à un ordonnément établi. Bazin écrit aussi que : « Le rap…pose le locuteur comme sujet dans sa dimension subjective (dresseur de mots) et sociale (s’adresser à quelqu’un).
Cette prise de parole, pour être efficace, doit satisfaire à plusieurs définitions. Le « je » et le « tu », le « nous » et le « vous » sont inséparables,
ils ordonnent les conditions du dialogue. Le « eux » ou le « ils » déclarent une opposition entre le locuteur ou le groupe qu’il représente et les « autres »…
« Eux » ce sont ceux qui n’appartiennent pas au hip-hop qui font partie du « système » (show business, médias, administrations, appareils d’Etat, politique, policier, juridique) ».
G. LAPASSADE et Ph. ROUSSELOT, (1996), « Le rap ou la fureur de dire, essai », Paris, Loris Talmart, p. 9 Ibidem, p. 14 Ibidem, p. 15 H. BAZIN, (1997), « La culture hip-hop », Lonrai, Desclée de Brouwer, p. 221 Ibidem, p. 221 Ibidem, p. 225 et 227